Après une démonstration d’IA, les réactions sont souvent positives. Quelques jours plus tard, les usages restent pourtant très différents : un avocat s’en sert pour reformuler ses emails, un autre pour préparer une recherche, un troisième n’a pas trouvé par où commencer. Une formation utile aide chacun à passer d’une possibilité générale à une tâche de son quotidien.
Acquérir des repères communs
Le parcours annoncé par le CNB et Lefebvre Dalloz fournit un point de départ. Présenté en avril 2025, il est gratuit, accessible sur Skilia Avocats et permet de valider jusqu’à quatre heures de formation continue. L’annonce prévoit un accès jusqu’au 31 décembre 2027 pour les avocats et les élèves-avocats selon les modalités indiquées.
Ces notions communes facilitent ensuite les échanges au cabinet : comprendre ce qu’une réponse peut contenir d’incertain, choisir les informations à transmettre et savoir ce qu’il faut vérifier. Le complément le plus utile est souvent un exercice lié aux documents et aux habitudes de l’équipe.
Construire une séance autour d’un rendez-vous client
Un exercice peut consister à préparer une note avant un rendez-vous à partir d’un dossier fictif ou de documents adaptés à l’outil autorisé. Le résultat attendu tient sur une page : faits principaux, derniers échanges, questions en suspens et prochaines actions.
Chaque participant formule sa demande, puis compare le résultat aux pièces. La discussion porte sur des points précis : un fait a-t-il été oublié ? Une hypothèse est-elle présentée comme certaine ? La note permet-elle réellement de conduire le rendez-vous ? On évite ainsi de juger uniquement la fluidité du texte.
Une seconde demande permet de corriger ce qui manque. L’équipe voit alors comment préciser le contexte, limiter la longueur ou demander à l’IA de signaler les informations absentes, plutôt que de les compléter.
Dans Friday, apprendre là où le travail se fait
Le Cockpit IA peut être lié à un dossier pour contextualiser la discussion. La formation peut donc porter sur un usage identifiable : préparer une synthèse avant une réunion, analyser un document sélectionné ou proposer un premier plan de note.
Les exercices peuvent aussi partir d’Outlook ou de Word. Dans la messagerie, il s’agit de retrouver le contexte d’un échange et de préparer la suite. Dans Word, il peut s’agir de travailler à partir d’un modèle et des informations du dossier. Chacun apprend dans l’environnement qu’il utilise déjà.
Avec les consignes personnalisées, ou skills, le cabinet peut conserver une méthode : structure d’une synthèse, informations à faire apparaître, ton d’un courrier ou points à vérifier. Une demande qui a bien fonctionné devient ainsi un point de départ partagé.
Observer ce qui change après la formation
Au bout de quelques semaines, reprenez un travail comparable. Le temps de préparation a-t-il diminué ? La relecture est-elle plus simple ? Les réponses respectent-elles mieux les modèles du cabinet ? Une équipe qui produit plus vite des brouillons difficiles à reprendre a encore besoin d’ajuster sa méthode.
Prévoyez aussi une personne à qui poser les questions d’usage. Un collaborateur doit pouvoir demander quels documents sélectionner ou comment vérifier une réponse sans interrompre plusieurs collègues. Ce soutien facilite l’adoption et évite que chacun improvise des règles différentes.
Le résultat recherché est modeste et concret : que chacun maîtrise quelques usages utiles, connaisse leurs limites et sache quand reprendre lui-même le travail. C’est sur cette base que le cabinet peut élargir progressivement ses pratiques.